Expédition au coeur de la Tchétchénie

Mis à jour : 20 oct 2019



Il y a ceux qui cherchent à se rendre dans des endroits magnifiques exposés à travers les médias sociaux et les magazines, qui pérégrinent en un instant grâce aux superbes photographies que représentent la munificence de ces lieux, qui songent à ces destinations d’un onirisme presque trivial dont tout le monde raffole. Et puis, il y a les aventuriers, ceux que les terres arides et balayées par les vents font rêver, que ces bourrasques soient d’ailleurs bien réelles ou simplement le spectre éthéré d’une situation géopolitique compliquée.

Oui, il y a ceux qui cherchent l’aventure, qui s’évertuent à se rendre là où sont les dernières contrées peu explorées, celles dont on n’a jamais entendu parler qu’au travers d’une note dans un vieux livre d’histoire, que des obstacles physiques ou politiques rendent difficiles à atteindre, là où la plupart des voyageurs même motivés finissent par ne pas s’y rendre parce qu’il est trop compliqué d’y aller, parce que l’endroit est jugé trop dangereux, parce que la destination leur est inconnue ou simplement parce que c’est trop loin.


C’est dans l’une de ces zones grises que notre équipe composée de plongeurs issus de l’école de plongée sous-marine Divemonkey de Liège en Belgique, dirigée par Jérémy Ransy, instructeur et leader de cette expédition, a décidé de se rendre. Deux lacs et un réseau souterrain localisés en Tchétchénie seront explorés par notre équipe de plongeurs en septembre prochain, tous entraînés à différents niveaux techniques et en pleine préparation pour cette expédition, ils s’emploieront à mettre au jour les secrets que renferment ces eaux peu connues.

Ce qui les rassemble? Un intérêt commun pour la découverte géographique et culturelle de cette région du Caucase méconnue et très souvent définie comme dangereuse. Intérêt né d’une curiosité à découvrir la région d’origine d’un de nos plongeurs qui est également un membre à part entière de l’expédition.


Cette région, encore tristement dépeinte par les médias et connue sous le nom de Tchétchénie, se situe sur les versants nord de la chaîne de montagnes du Caucase Russe. C’est dans ces montagnes que se situent les sites que nous allons explorer, tout d’abord le Lac Kézénoï-Am et ensuite le Lac Galantchoj. Ces lacs n’ont été, jusqu’à présent, que très peu ou pas du tout explorés par des plongeurs. Leurs profondeurs exactes sont toujours actuellement inconnues et les secrets que renferment ces lacs restent encore à découvrir.


Une brève histoire des Lacs :


Le lac Kézénoï-Am

Kézénoï-Am est le lac le plus grand et le plus profond du Caucase du Nord couvrant une superficie de 2,4 km² et une profondeur estimée à 72m actuellement. Il se situe en Russie à la frontière de la République Tchétchène et la République du Daghestan, sur le versant sud de la crête d'Andiysky, à 1 869 m d'altitude. Ce lac est situé dans une zone de prés, de steppes et de montagnes peuplée de bouleaux, saules, et cerisiers.

L’eau du lac est très claire et froide pendant la majeure partie de l’année et ne dépasse pas en été 17-18C° en surface et a une température de fond estimée aux alentours des 5 C°.

Le lac est colonisé par un type de truite propre au lac et unique au monde appelée truite d’Ezenami, en danger critique d’extinction, en cause, l’introduction de carpes se nourrissant des œufs de truite ou s’attaquant directement à celle-ci.

Le Kézénoï-Am a été créé à la suite d'un important glissement de terrain qui s'est produit il y a environ 600 à 700 ans sur le versant sud de la crête de Kashkerlam et qui a bloqué la vallée de la rivière Ansalta.

En raison de sa taille, le lac est également connu sous le nom de « Andian Sea ».

Pendant la période soviétique, la base d'entraînement de l'équipe olympique d'aviron de l'URSS était également située sur les rives du lac.


Légende du lac Kézénoï-Am


La légende raconte qu’un village entier était situé à l'endroit maintenant recouvert par les eaux du lac. Si l’on en croit les histoires populaires, il y a très longtemps, un ange déguisé en mendiant serait descendu sur terre et serait allé prier les habitants du village de l’héberger pour la nuit. Cependant, personne n'eut la bonté d’accueillir le mendiant dans sa maison. Seule une pauvre veuve éplorée, dont le logement était situé loin, à la sortie du village, eut finalement pitié de ce pauvre mendiant tremblant. Le lendemain matin, il lui aurait conseillé de quitter le village de toute urgence afin de sauver sa famille du malheur. Une fois la veuve enfuie, un tremblement de terre aurait débuté dans les montagnes, ensuivit de pluies incessantes qui auraient inondé le village, inscrivant un fracassant rappel aux habitants des terres environnantes de l’importance des lois de l’hospitalité et de la vertu humaine.


Le lac Galantchoj


Le lac Galantchoj est l’un des plus beaux et pittoresques lacs de la Tchétchénie. Il est situé juste au-dessus du confluent des rivières de montagne Gekhi et Osu-hee, au pied du versant sud du mont Verg-Lam, à une altitude de 1 533 m au-dessus du niveau de la mer. Le lac est alimenté principalement par un réseau souterrain. Plusieurs sources y coulent également depuis la pente sur laquelle il se trouve. La longueur du lac fluctue entre 400 et 450 mètres, en fonction du déversement. La température de la surface de l'eau en été peut atteindre jusqu'à 20 degrés.

Le lac Galantchoj est entouré de pentes montagneuses présentant une flore alpine colorée ainsi qu’une faune rare et riche. De nombreux points d’intérêt se trouvent également à proximité du lac tels que des vestiges médiévaux et religieux, des environnements préservés jamais explorés, qui représentent le patrimoine biologique, culturel et historique de la République Tchétchène. En raison de sa couleur bleutée et de la forme du fond, le lac ressemble à un grand bol bleu au milieu des pentes de montagnes en fleurs.


Légende du lac Galantchoj

Selon cette légende, ce lac était situé ailleurs, près du village de Yalkhora, dans le lieu-dit Amka. Un jour, deux femmes s’y seraient rendues pour laver leur linge sale à l'eau claire. L'esprit du lac, furieux de voir ainsi souillée son eau si pure, les aurait transformées en pierre pour se venger. De plus, ne voulant pas rester dans ce lit profané, il se transforma lui-même en un grand taureau pour s’enfuir au loin et s’arrêta à l’endroit actuel du lac Galantchoj. Là-bas, la population essaya en vain de le capturer mais il réussit à se métamorphoser à nouveau en lac, engloutissant les terres arables sur place. Le lac eut ensuite vocation d’instiller une peur superstitieuse à la population, elle le considérait comme sans fond et ne buvait pas de son eau.

Aujourd’hui ce lac semble être pourtant un des plus beaux plans d’eau de Tchétchénie, de par ses paysages étonnants mais aussi de par sa couleur éclatante qui se détache magnifiquement sur l’arrière-plan des sommets de haute montagne.


Au cœur d’une région meurtrie par la guerre :


La Tchétchénie, cette petite république nichée au cœur du Caucase Russe, là où les forces rebelles et Russes se sont affrontées pendant 10 ans, de 1990 à 2000, connait maintenant une époque bien différente. Aujourd’hui, la nouvelle classe aisée de Grozny vit en 4x4 et dévale les pistes de ski de la nouvelle station de Vedoutchi. Il est loin le temps où les images diffusées dans les médias ne montraient que des immeubles détruits ou en ruine. Maintenant les immeubles neufs se dressent fièrement au milieu du paysage. Grozny n'est plus cet amoncellement de carcasses en béton armé réduit en miettes par les obus et les bombes. La Tchétchénie se rêve en destination touristique et veut faire table rase du passé et de sa mauvaise réputation. Maintenant cette république est bien plus paisible et Grozny, sa capitale, a été élue ville la plus sûre de Russie en 2016.

Pour rejoindre les terres Tchétchènes, le mode de transport le plus simple reste l’avion avec des vols réguliers directs de Moscou à Grozny. L'aéroport de Grozny, le plus grand du Caucase Nord est entièrement rénové et relie la capitale par une autoroute.

Notre expédition souhaite ainsi mettre l’accent sur le nouveau visage de cette région magnifique très peu connue des montagnes du Caucase Russe et témoigner que ces terres autrefois hostiles ne sont plus à redouter.


Gérer la logistique :



Notre équipe prépare cette expédition depuis maintenant plus de 6 mois. Habituellement une expédition s'organise au moins une année à l’avance pour pouvoir faire face aux imprévus et autres complications. Pour tout vous dire, organiser cette expédition en Tchétchénie a été un vrai challenge. La difficulté première dans l'organisation d'une expédition à but non lucratif et d'exploration est de trouver des sponsors afin d'alléger des postes de dépenses sur le budget alloué et investi ici personnellement par chacun des membres de l'équipe. Au final, très peu de nos sollicitations ont abouti à des accords, mais les sponsors, et non des moindres, qui ont accepté de nous soutenir dans l'aventure démontrent de l'intérêt porté à notre projet. Des discussions hésitantes avec les Russes et Caucasiens dotés d'une culture différente de la nôtre ont posé quelques difficultés, et, des changements, ont dû être opérés en cours de route. Notamment pour tout ce qui concerne la logistique et le support apporté sur place. Les régions où se trouvent les Lacs étant très reculées et loin de toute métropole, il nous est difficile depuis la Belgique de rassembler tout le nécessaire d’un site de plongée habituel sur les sites à explorer. Leur accessibilité étant très limitée, nous devions trouver des solutions originales pour éviter les écueils. Pour ne citer que quelques points, il nous a fallu remuer ciel et terre pour être certains d’avoir le matériel de sécurité nécessaire sur place (caisson hyperbare, ambulance et personnel médical, oxygène, véhicule d’évacuation, etc.).


Les obstacles rencontrés pour trouver et transporter les bouteilles de plongée (pas moins de 15 bouteilles rien que pour les paliers de décompression et la sécurité) ainsi que des bis et de la chaux étaient énormes. Tout cela nous sera finalement fourni par un centre de plongée à plus de 2500 km de la a Saint-Petersbourg et sera envoyé par palettes vers Grozny, en Tchétchénie. Mais c'était sans compter également les bouteilles de taille industrielle (B50) d’oxygène et d’hélium nécessaires pour réaliser les mélanges de gaz appropriés pour nos plongées qu'il a fallu trouver à différents endroits de Russie également. Nous ne parlerons même pas du compresseur, acheté neuf à Moscou pour l'occasion et expédié en Tchétchénie également a 2000 km de là. Néanmoins, tous ces obstacles ont été surmontés grâce à la persévérance de notre équipe qui a su fournir et coordonner les efforts nécessaires pour mettre tout cela en place et nous permettre de plonger bientôt dans ces endroits inconnus.


Le soutien de grandes marques connues et reconnues dans le milieu de la plongée sous-marine :


Pour notre première expédition, nous espérions recevoir le soutien de plusieurs sponsors actifs dans le monde de la plongée mais nous ne nous attendions pas du tout à tant d’engouement de la part de grands équipementiers dans le domaine.



SCUBAPRO nous a sponsorisé avec tout le matériel nécessaire aux plongeurs, combinaisons, détendeurs, sous-vêtements, etc.


XDEEP nous a créé des wings sur-mesure en brodant le logo de l’expédition sur leurs bouées aux couleurs personnalisées.


SHEARWATER nous a apporté son soutien marketing et son ordinateur vedette.


DIVESOFT nous à fourni son tout nouvel analyseur SOLO pour l’analyse de nos gaz.


SEACRAFT nous a procuré 2 nouveaux scooters pour nous permettre de couvrir une plus grande zone d’exploration.


AZOTH SYSTEMS avec son micro-doppler nous permettra de mesurer les micro-bulles accumulées au fur et à mesure des plongées successives à l’hélium en altitude et nous permettra d’améliorer nos profils de plongée.


Une expérience humaine avant tout :


Pourquoi un tel engouement? Notre démarche met l'accent sur la découverte de cette région très peu connue et des merveilles naturelle de cette petit république au delà de la réputation controversée de la Tchétchénie . Cette aventure se déroulera en terres inconnues pour au moins 4 de nos plongeurs, le cinquième étant lui-même originaire de Tchétchénie et l’instigateur de la curiosité de notre équipe à découvrir sa région et sa réalité actuelle.


Nous passerons 10 jours en plein cœur des montagnes du Caucase Russe. Pour quelques jours, nous aurons la chance de loger dans des hôtels de stations balnéaires locaux aux abords du Lac Kézénoï-Am. Les autres nuitées se passeront sous tente au cœur des montagnes, en plein milieu de la nature à l'état brut, postés aux abords du Lac Galantchoj. L'expérience humaine implique également une cohésion d'équipe, qui est pour nous une condition sine qua non lors d’expéditions de ce type. Tout d’abord pour maintenir la bonne entente des participants qui devront se retrouver à vivre 24h/24 durant toute la durée de l'expédition, mais encore plus pour la coordination, la logistique et surtout pour le soutien sous l’eau. C’est pour nous l’aspect le plus important du travail d’équipe, la confiance. La plongée technique est apparentée à un sport extrême pour lequel les plongeurs, plongeant usuellement en binôme doivent très bien se connaître l’un l’autre, pouvoir compter sur chacun est essentiel et vital, pouvoir lire entre les lignes l’est également. Ce type de plongées nécessite une parfaite symbiose et une compréhension de l’autre à toute épreuve. La plongée reste un sport dangereux où les différents protagonistes mettent leur vie en danger chaque seconde passée sous l’eau lors de plongées techniques d'exploration de ce type.


L’équipe :



Jérémy Ransy

Il est le leader de l’expédition, globe-trotter et formateur de son état. Il cumule 10 ans d’expérience dans le milieu de la plongée sous-marine et l’organisation de voyages.


Aslanbek Khasanov

Natif de Tchétchénie, s’occupe des relations avec le gouvernement et de la logistique sur place. Il officie également comme plongeur de soutien classique et plongeur de sécurité.


Adrien Moray

Ingénieur de formation, plongeur aux mélanges, plongeur de soutien. Il apporte son expertise dans la fabrication de dévidoirs spécifique. Son coté « Bear Grylls » nous est également très utile pour la partie camping au milieu des steppes.


Michele-Cerise-Soors

La « négociatrice ». S’occupe des relations avec les sponsors. Normalement personne ne peut lui refuser quoi que ce soit quand elle dégaine son sourire. Elle officie en plus comme plongeuse aux mélanges et plongeuse de soutien compétente.


Julian Carbajo Antelo

Féru de tâches administratives. Plongeur de soutien classique et sécurité.


Le départ :


Notre équipe se rendra sur place à Grozny le 31/08 prochain. Nous resterons sur place 10 jours, l’expédition en elle-même se déroulera sur une base de 7 jours de plongées.




LA VIDEO DE NOTRE EXPEDITION:




Suivez-nous sur les réseaux sociaux :

Sur notre page facebook : https://fr-fr.facebook.com/divemonkeyliege/

Sur notre site web : https://www.divemonkey.be/

© 2013-2018 par Cerise & Divemonkey Liège Scuba School - Ecole de plongée à Liège.  No fish were harmed in the making of this website.

  • Gris Facebook Icône
  • Gris Icône Instagram