Plongées, soleil ..les recommandations ESSENTIELLES !

Plongées, soleil et ... les recommandations ESSENTIELLES !



L'arrivée du printemps est synonyme de reprise de plongées pour certains et intensification du rythme hivernal pour d'autres. Quelle que soit votre destination, sous les tropiques ou dans nos lacs et carrières un tantinet plus frais, il est important d'être davantage attentif à certaines choses.


L'hydratation est l'une des principales dans la mesure où notre corps est constitué de 60% d'eau. Sans elle, nous ne pouvons fonctionner au sens propre comme au figuré! Bon nombre d'entre nous ne peuvent pas rester une semaine sans plonger!


Aussi bizarre que cela puisse paraître, les plongeurs, bien qu'entourés d'eau, présentent un risque accru de déshydratation. La pression hydrostatique appliquée sur l'ensemble de notre corps lors de l'immersion modifie la circulation du sang en le dirigeant vers le thorax (au lieu des membres) et est responsable d'une cascade de modifications chimiques dont le but est de déclencher une diurèse (sécrétion d'urine). Notre débit urinaire augmente jusqu'à six fois lors d'une plongée et ce phénomène s'accroît d'autant plus lors de conditions de plongées difficiles ainsi que les immersions en eaux froides.


Vous comprenez dès lors qu'un apport hydrique suffisant est indispensable au bon fonctionnement de notre corps en conditions de repos et d'efforts. Mais, outre la nécessité de maintenir notre corps et différents organes fonctionnels, le plongeur doit être particulièrement attentif à son hydratation car la déshydratation augmente considérablement le risque d'accident de décompression en provoquant un épaississement du sang. Un sang épais circule lentement et de ce fait, l'élimination d'azote est ralentie.


Notre organisme envoie des signaux qui signifient qu'il est en déshydratation. Le premier est la soif et avoir cette sensation signifie que vous êtes déshydraté ! Le deuxième signe est la couleur des urines. Des urines claires signifient une bonne hydratation, des urines foncées sont synonymes de déshydratation.



Que faut-il faire pour éviter tous les désagréments liés à la déshydratation ?

  1. buvez essentiellement de l'eau. Evitez sodas, café, thé et tisanes car ils ont un bilan hydrique nul. Cela signifie que les entrées sont égales aux sorties. L'objectif en plongée est d'avoir un bilan hydrique positif avant (entrées > sorties) étant donné que notre diurèse va s'accroître durant l'immersion.

  2. buvez un verre d'eau toute les 15 minutes avant et après plongée. En effet, le bilan hydrique va rapidement devenir négatif après plongée (sorties > entrées). Il est essentiel de le rééquilibrer.

  3. évitez toute consommation d'alcool car en plus de perturber votre jugement lors de la plongée, l'alcool est un puissant diurétique et va dés lors majorer la déshydratation. Notre foie a besoin d'1,5h pour éliminer la quantité d'alcool contenue dans un verre standard. Si vous consommez 10 verres à partir de 23h, votre foie aura besoin de 15 heures pour totalement éliminer ce que vous avez bu. Par conséquent, à 8h le lendemain, vous serez toujours en intoxication éthylique. Soyez vigilant au début de votre consommation éthylique et à sa quantité en particulier lors des séjours de plongées.

  4. adaptez votre consommation en fonction des conditions climatiques de l'endroit où vous vous trouver.

  5. n'abusez pas de l'exposition solaire.

La régulation thermique est un autre élément essentiel. Notre corps est conçu pour maintenir une température de 37° grâce à de nombreux mécanismes physiologiques qui nous réchauffent ou nous refroidissent selon les circonstances.


La transpiration nous refroidit par évaporation et la dilatation des capillaires qui permet au sang de circuler et de se refroidir à travers la peau en sont deux des mécanismes principaux. Hors, le port de combinaisons, étanche ou humide, empêche ces processus de régulation thermique et expose les plongeurs à l'insolation ou pire, le coup de chaleur.


L'insolation est le signe que l'organisme est sérieusement perturbé dans la régulation thermique mais celle-ci est encore quelque peu fonctionnelle. Si vous souffrez d'une insolation, vous ressentirez vertiges, nausées, faiblesse et surtout une transpiration abondante ce qui est le signe que votre organisme est toujours capable de réguler la température.


Le coup de chaleur signifie que la régulation thermique n'est plus assurée et cela se manifeste par un corps chaud, une peau congestionnée et de la fièvre. Cette situation est gravissime et menace le pronostic vital.


Le retrait de la combinaison de plongée est indispensable dans les deux cas car cela permet de remettre "en marche" le système de régulation thermique. Par contre, si une hydratation abondante peut être suffisante dans le cadre d'une insolation, dans le cas d'un coup de chaleur, il sera nécessaire de refroidir le corps soit en appliquant des serviettes humides soit en l'immergeant. Une consultation médicale sera également requise.


Le meilleur moyen d'éviter ces complications est de vous équiper en "dernière minute" et de vous déséquiper rapidement après la plongée.


L'hypothermie ne doit pas être négligée non plus car lorsqu'il fait chaud, nous avons tendance à diminuer nos protections thermiques.

Hors dans nos eaux froides, il n'est pas inhabituel que la température avoisine les 15-17° à quelques mètres de la surface et ce même en plein été! De la même façon, sous les tropiques, la température extérieure n'est pas le reflet de celle en profondeur.


Une hypothermie va diminuer votre capacité à vous concentrer sur la plongée, va perturber votre dextérité limitant les manipulations de votre matériel et va altérer vos capacités de jugement face à un danger quelconque.


Les premiers signes de cet état sont des tremblements, des engourdissements, un aspect bleuté des doigts, des lèvres et des orteils (cyanose).


N'oubliez pas que nous perdons davantage de chaleur dans l'eau que sur terre et que la frilosité s'accroît au fur et à mesure des plongées. Renseignez-vous toujours sur les températures des eaux afin d'emporter le matériel adéquat.


L’arrivée du printemps coïncide aussi avec le retour du soleil. Cet astre qui nous a tellement manqué durant l’hiver provoque dés lors un besoin accru de passer le plus de temps avec lui ! Mais, comme beaucoup d’autres choses, tout excès est nuisible et trop de soleil peut avoir des conséquences désagréables pour les plongeurs.

Le « coup de soleil » est le résultat d’une exposition solaire excessive sans protection adéquate et ce y compris en cas de ciel nuageux (pays tropicaux et subtropicaux) car les rayonnements ultraviolets (UVA et UVB), en particulier les UVB, peuvent traverser les nuages.


Mais, que sont les rayonnements du soleil ? Plusieurs types de rayons électromagnétiques arrivent sur terre  (UVA, UVB et infrarouges ou IR) et on différents effets.


Les UVA agissent vite et assure un bronzage rapide mais ils provoquent également un vieillissement de la peau et participent à la constitution de cancers cutanés.


Les UVB ont une action plus lente avec un bronzage qui se manifeste plus progressivement. Ils sont très dangereux car outre le fait qu’ils sont responsables de la genèse de « coups de soleil », ils sont aussi capables de modifier notre ADN et dés lors provoquer des cancers de le peau dont le mélanome (forme très agressive et potentiellement mortelle).


Enfin, les IR pénètrent plus profondément (hypoderme) et s’ils donnent la sensation de chaleur, ils peuvent également favoriser le vieillissement cutané en diminuant la production de collagène.



Il faut être conscient que nous n’avons pas tous le même type de peau. En effet, le bronzage résulte de la libération de la mélatonine par les mélanocytes (cellules de la peau) sous l’effet des rayons UV. Plus votre peau contient de mélanocytes, plus votre bronzage sera marqué. L’intensité des protections solaires va dés lors dépendre de votre phototype. (Voir tableau)




Certaines situations vont accroître le risque de développer un coup de soleil. L’intensité du soleil est augmentée jusqu’à 30% lorsqu’il se réfléchit sur la neige, le sable et l’eau. Il est indispensable de vous protéger en conséquence même si vous avez un phototype foncé.


Un « coup de soleil » se reconnait par une rougeur de la peau (épiderme cf. schéma ci-dessus) ainsi que par des démangeaisons locales qui apparaissent 3 à 5 heures après l’exposition solaire. Une sensation de chaleur, des douleurs et brûlures se manifestent dans les 12 à 24h après. Dans certains cas plus graves, des cloques, une insolation et de la fièvre peuvent apparaître.


La rougeur va persister 2-3 jours (première phase), disparaître et enfin, la peau va désquamer.




Pour éviter ce désagrément, il faut évidemment protéger votre peau en appliquant généreusement de la crème dont l'intensité de protection dépendra de votre phototype.


Insistez particulièrement sur les zones à risques telles que le visage, le sommet du crâne pour ceux qui sont dégarnis et les épaules. Renouvelez l'application de crème solaire toutes les 2 heures et systématiquement après une immersion. Le port de chapeaux et lunettes de soleil est également recommandé.


Par ailleurs, l'exposition solaire va provoquer une certaine déshydratation de la peau. Dés lors, appliquez une lotion après-solaire en fin de journée.


Si malgré tout vous développez un coup de soleil, évitez toute exposition solaire jusqu'à résolution des symptômes, portez des vêtements conçus pour vous protéger des rayonnements ultraviolets et si un traitement antidouleur est nécessaire, des anti-inflammatoires à usage cutané peuvent être utilisé. L'eau froide pourra également vous soulager.


La peau est notre système de protection contre toutes les agressions extérieures (chaleur, soleil, eau,) et elle maintient notre température corporelle ainsi que la teneur en eau de notre organisme. Vous l'avez compris, toute blessure cutanée va potentiellement aggraver les situations précédemment décrites (déshydratation, insolation, coup de chaleur). Et enfiler une combinaison sur un coup de soleil est juste HORRIBLE !!


Pour terminer, je voudrais vous rappeler d'assurer une bonne hygiène auriculaire en particulier pour les plongées en eaux salées. Rincez vos oreilles à l'eau douce chaque soir ou de façon systématique après chaque plongée si vous avez tendance à développer des otites externes.


Séchez bien vos oreilles et évitez de vous exposer au vent ou dans les courants d'air. Au besoin, le port d'un bandeau protégera vos oreilles. Si vous ressentez une gène auriculaire ou des difficultés à équilibrer au fur et à mesure de votre séjour, il est probable que votre conduit auditif externe soit un peu irrité. Il dés lors est préférable de passer une ou deux plongées afin de permettre une cicatrisation plutôt que persévérer malgré des difficultés croissantes et risquer une perforation tympanique.


N'hésitez pas à consulter votre médecin au préalable afin d'emporter le nécessaire et parer à toute éventualité !



Dr Aurélie De Pasqual

Médecine subaquatique et hyperbare


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